LE CHLODECONE

Découvert en 1951, breveté en 1952, le chlordécone est commercialisé dès 1958 par la société américaine Allied Chemical sous les noms de Kepone et de GC-1189. Cette société a produit entre 1966 et 1975, du Kepone dans une usine située à Hopewell, dans l’Etat de Virginie. En 1975, l’usine fut fermée en raison des graves manquements aux règles d’hygiène et de sécurité dans la chaine de production qui furent mis en lumière et de l’intoxication sévère dont souffraient les ouvriers de l’usine ainsi que les personnes habitant à ses abords : l’on parlait alors du syndrome du Kepone, lequel se traduisait par des tremblements, des pertes de la mémoire immédiate, des troubles de l’humeur. Suite à la réalisation d’études ayant établi un lien de causalité entre l’utilisation du Kepone et l’apparition de graves affections la production et la commercialisation du  Kepone  furent prohibées en 1976 par les autorités fédérales américaines, avant d’être classée comme substance « cancérogène possible » par l’OMS en 1979

Bien qu’en 1968, la commission d’étude de la toxicité des produits phytopharmaceutiques, des matières fertilisantes et des supports de culture ait recommandé l’interdiction du produit du fait de sa dangerosité potentielle pour l’humain et pour l’animal, il fut massivement et légalement utilisé aux Antilles françaises de 1972 à 1993 (bien qu’il fut interdit en France métropolitaine dès 1990), à grands coups d’autorisations provisoires (qui, mises bout à bout, n’eurent plus rien de provisoire) et de dérogations, si coutumières dans les « départements » d’outre-mer.

Si ce pesticide visait à l’origine la destruction d’insectes ravageurs affectant la banane, il a aussi impacté la terre, l’eau, la mer mais aussi, les femmes les hommes, les enfants, (95% des corps guadeloupéens et 92% des corps martiniquais en sont gorgés). Cette molécule s’installe durablement dans les nappes phréatiques et s’infiltre dans les sols sur et dans lesquels poussent fruits, légumes ainsi que tubercules qui s’en gorgent avant de se retrouver dans nos assiettes, les produits d’élevage et de la mer n’étant point en reste.

Des recherches scientifiques montrent que les sols et les eaux sont contaminés pour 500 à 700ans. Actuellement la Martinique enregistre le plus haut taux de cancers de la prostate, et détient à ce titre, un triste record mondial. 

Face à cette situation alarmante, depuis 2008, on nous sort des plans chlordécone I, II , III et IV une façon de faire des études pour obtenir des résultats que l’on connait d’avance mais que l’on refuse de reconnaitre (l’Etat rechigne à établir un lien de causalité entre les pathologies susvisées et la contamination des populations antillaises au chlordécone). On nous ment, on fixe des limites maximales de résidus (LMR) de chlordécone dans l’eau et les produits de l’alimentation (et parfois on les rehausse) en violation du droit positif, comme s’il était acceptable que l’ingestion de chlordécone par les Antillais soit quotidienne, alors même qu’un arrêté du 5 août 1992 interdit toute trace de pesticides non autorisés dans les végétaux, et que le Chlordécone a fait l’objet d’une interdiction en 1993.

Les réponses politiques apportées à cette crise environnementale, sanitaire et sociale sont inadmissibles. C’est en réponse à l’inaction des pouvoirs publics et du (dys)fonctionnement d’une justice partielle et partiale, que des blocages des établissement du Groupe Bernard Hayot ont eu lieu.

Il existe 3 catégories de cultures selon leur sensibilité à un sol pollué, c’est-à-dire le risque de contamination des denrées consommées :

Cultures très sensibles : Les légumes-racines et tubercules sont très sensibles au transfert de chlordécone, car la partie consommée se développe entièrement dans le sol. La contamination par contact est prédominante. En raison de cette forte sensibilité, il ne faut pas cultiver les légumes-racines et tubercules (ignames, patates douces, carottes, cives, poireau, radis, navet…) sur des sols pollués au-delà de 0,1 mg de chlordécone/kg de sol sec car il existe un risque de dépassement de la LMR dans les denrées.
Cultures sensibles : Pour les productions maraîchères poussant en contact avec le sol, les parties consommées sont en contact partiel avec le sol et risquent d’être contaminées au-delà du seuil réglementaire acceptable, dit limite maximale de résidus (LMR). Il existe un risque de dépassement de la LMR sur les parcelles dont la teneur en chlordécone est supérieure à 1 mg de chlordécone par kg de sol sec. C’est le cas des cucurbitacées (concombre, giraumon… sauf la christophine palissée) et d’autres cultures comme la canne à sucre pour le jus et la laitue.
Cultures non sensibles : Les productions maraîchères poussant sans contact avec le sol, les arbres et arbustes, sont peu, voire pas sensibles au transfert de chlordécone vers les parties consommées. Les cultures fruitières arbustives (agrumes, goyave, papaye, banane…) et les cultures maraîchères sans contact direct avec le sol (choux, tomates, pois…) peuvent être conduites sur toutes les parcelles, quelle que soit la teneur en chlordécone du sol sans risque d’être contaminées au-delà du seuil réglementaire acceptable, dit limite maximale de résidus (LMR).

Pour l’élevage, tout sol contaminé, même à un niveau très bas, est susceptible de contaminer la viandes, les abats, le lait, les œufs. Il est par conséquent, fortement déconseillé de pratiquer un élevage de plein air sans avoir connaissance de la pollution du sol. Cependant, toutes les espèces élevées peuvent se décontaminer après une période pendant laquelle ils ne sont plus exposés (sol, fourrage, eau). Cette période va de quelques semaines pour les volailles à plusieurs mois pour les bovins. On peut ainsi décontaminer les animaux avant abattage ; par contre pour les œufs et le lait, l’élevage doit se faire obligatoirement sur terrain sain.

Très tôt, le samedi 19 Octobre 2019 quelques membres des associations militantes et particulièrement les membres du mouvement politique et spirituel MUN, ont entravé les accès de l’hypermarché du centre commercial de Dillon à Fort-de-France. Armés de tambours et de drapeaux aux couleurs rouge vert noir, ils expliquent que leur présence en ce lieu précis est motivée par le fait  qu’ils considèrent  que la grande distribution est aussi responsable du scandale sanitaire liée à la commercialisation du pesticide chlordécone, vecteur de la pollution d’une partie des terres martiniquaises et guadeloupéennes, notamment dans le milieu agricole.

Les clients surpris et mécontents ont été contraints d’aller effectuer leurs courses ailleurs. Les employés ont aussi manifesté leur mécontentement. A la mi-journée, les rideaux du centre commercial étaient toujours baissés. Les manifestants avaient l’intention de poursuivre leur seating devant les entrées de l’hypermarché jusqu’en fin de journée

GARCIN MALSA

« En tant que président du MIR, compte tenu que le 12 Octobre c’est la journée internationale des résistances et des réparations, nous avons profité du contexte Chlordécone, puisque nous disons qu’il y a génocide, nous disons qu’il y a extermination, empoisonnement d’un peuple, par conséquent effectivement nous demandons réparation, et c’est dans ce contexte là nous avons appelé les martiniquais à venir devant l’ancien palais de justice et des associations, des collectifs nous ont rejoint, je les remercie, je pense que c’est une très bonne chose et d’ailleurs ça a déclencher un déclic dans la tête des martiniquais on a vu qu’il y avait beaucoup de jeunes  et ça c’est une chose extraordinaire. Il y avait des gens motivés, conscientisés et là nous pourrons aller beaucoup plus loin puisque des propositions ont été faites. L’une des propositions majeures c’est que nous allons emmener au tribunal de référé l’Etat français, les distributeurs de l’eau pour empoisonnement puisque c’est important, puisque  dans l’action chlordécone nous voyons bien que l’eau est empoisonnée. Si l’eau est empoisonnée et bien inévitablement tous les martiniquais sont aussi empoisonnés puisque tous nous buvons la même eau ça c’est une première chose.

La 2ème chose, nous allons lancer une action de boycott  qui prendra effet à partir de la semaine prochaine et nous allons viser Carrefour, pourquoi ? parce que et bien il s’agit pour nous de viser tous ceux qui ont participé de très prés en commercialisant les pesticides qui contenaient du chlordécone, donc nous allons faire en sorte que nous attirons d’avantage le peuple martiniquais  dans des formes de mobilisations qui sont des mobilisations nettes claires un peu plus fortes pour que les autorités comprennent que cette question de réparation du génocide commis par l’état français doit être faite. »

Un groupe en majorité de jeunes, ont choisi de perturber l’Hypermarché de    Génipa à Ducos ce samedi 16 Novembre 2019 pour demander réparations à l’empoisonnement de nos sols et de nos populations par le chlordécone et le paraquat.

Armé seulement de des drapeaux aux couleurs rouge-vert-noir et scandant « génocide, chlordécone, réparation « , ce groupe de manifestants a été tenu à l’écart par des gendarmes mobiles armés jusqu’aux dents.

Ce site a été choisi parce que d’une par il fait partie du groupe Bernard Hayot qui est directement impliqué dans l’empoisonnement de nos sols .

Un nouvel appel au Boycott de l’Euromarché Océanis au Robert a été lancé par les manifestants anti-chlordécone pour ce samedi 23 novembre à 7h30. Réclamant réparation pour les sols empoisonnés au chlordécone les manifestants ne lâchent pas leur mouvement, après le week-end de résistance  de la semaine dernière à Carrefour Génipa de Ducos, c’est au Robert qu’ils donnent rendez-vous aux militants pour bloquer Océanis. Les militants étaient présent mais les gendarmes aussi prêt à repousser l’avancement des manifestants.

Inévitablement des affrontements ont eu lieu entre les gendarmes et les manifestants voir la vidéo ;

Suite à l’affrontement musclé entre les gendarmes et les manifestants Samedi dernier devant le centre commercial Océanis au Robert, sept manifestants,  ont été arrêtés ce jeudi 28 novembre 2019 par les gendarmes et placées en garde à vue dans différentes brigades de gendarmerie de l’île, selon leur lieu d’habitation (François, Le Robert, La Trinité, Le Vauclin, Diamant, Schoelcher…) pour être entendus sur des faits de violence aggravée, outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique, dégradation ou détérioration de biens d’utilité publique. Les avocats des personnes entendues, dont Me George-Emmanuel Germany, ont pu assister leurs clients lors des auditions, même si ce dernier déplorait ne pas avoir accès au dossier

Tous sont convoqués le 13 janvier prochain et poursuivis pour violence sur agent de la force publique en réunion et avec arme. Trois d’entre eux sont interdits de manifester devant des centres commerciaux pendant deux mois et demi et placés sous contrôle judiciaire après avoir été présentés au parquet.

Deux élus prennent position.

En apprenant l’interpellation de sept militants, plusieurs élus ont réagi. Marcellin Nadeau d’abord, le maire du Prêcheur, qui considère que, « face à l’ampleur du drame sanitaire etécologique que constitue la pollution au chlordécone, (…) la réponse à l’action de ces jeunes n’est pas la répression ». Il demande l’arrêt des poursuites à leur encontre et appelle « les autorités à ouvrir des espaces de dialogue avec l’ensemble des collectifs de militants anti-pollution au chlordécone afin de trouver les voies d’une légitime réparation de ce drame ». Pour lui, la réparation « passe également par de justes sanctions à l’égard de tous les responsables de cette catastrophe ». Francis Carole, le président de Palima, estime pour sa part que « les Martiniquaises et Martiniquais engagés(ées) dans la lutte contre le scandale absolu de l’empoisonnement de notre peuple au chlordécone peuvent diverger sur les formes de lutte à mettre en œuvre ». Mais, pour autant, il indique ne pouvoir « apporter une caution de silence aux interpellations de ces militants alors qu’après plus de 20 ans de dénonciation du scandale du chlordécone, aucun des responsables de ce crime n’a été inquiété par la « justice ».

Les arrestations opérées après les échauffourées entre gendarmes et militants ayant bloqué un centre commercial au Robert révèlent le malaise général ressenti dans notre pays à propos du scandale du chlordécone.

Le drame sanitaire de la pollution au chlordécone n’est-il pas déjà assez grave pour que la réponse la plus évidente des autorités soit l’arrestation d’une demi-douzaine de militants ? A quel moment sera ouvert le nécessaire dialogue avec les victimes de ce produit toxique ?

Ces questions illustrent le malaise général palpable dans notre société à propos de cet épineux sujet. Il fallait s’attendre à ce que les personnes appelant au blocage des centres commerciaux du Groupe Bernard Hayot soient inquiétées. Leur méthode est condamnée par les milieux économiques et le préfet au nom de la défense de l’emploi et de la liberté de circulation.

Qui a tort, qui a raison ?

Des arguments légitimes qu’il faut entendre. Les petites entreprises installées dans les galeries marchandes pâtissent de leur fermeture forcée. Les consommateurs ne peuvent pas s’approvisionner librement en produits de première nécessité ou en médicaments.

Ces actions sont condamnées car elles sont menées par une minorité aux contours mouvants et aux motivations incomprises par la grande majorité de la population. Or, chacun d’entre nous est concerné par le scandale sanitaire dénoncé par ces militants, jeunes pour la plupart.

Ne serait-il pas donc pas plus judicieux d’agir dans la concertation et l’unanimité, au lieu de déclencher des actions coups de poing ? Ne serait-ce que pour ne pas desservir une cause que l’on défend.

Un silence et une indifférence coupables

En l’occurrence, la prise en compte réelle de la demande de reconnaissance du statut de victime du chlordécone. Le président de la République et plusieurs ministres ont acté la responsabilité de l’Etat dans le scandale. Qu’en est-il des actions concrètes de l’institution judiciaire ?

A ce jour, aucun procureur, ni aucun juge d’instruction n’a ouvert d’enquête, en dépit des plaintes déposées depuis 12 ans à Paris, à Basse-Terre et à Fort-de-France par des associations écologistes. D’ailleurs, trois autres associations ont entamé une action collective devant le tribunal administratif de Paris pour valider le droit à l’indemnisation des victimes directes et collatérales du pesticide. En pure perte ? A voir.

Notons aussi que nos formations politiques ne proposent aucune réponse, pour l’instant, à la violence extrême qu’est le scandale du chlordécone en lui-même. L’inaction et le silence contribuent certainement à générer des actes inhabituels et plus osés pouvant être perçus comme désespérés par la population spectatrice

C’est dans l’optique de mettre en place une ligne de défense pour les 7 militants anti-chlordecone convoqués par la justice lundi 13 janvier 2019 à 14 h, que le « Komité 13 janvier 2020 a organisé à la maison des syndicats un rassemblement  ce jeudi 9 janvier 2020.

Le collectif zéro chlordécone, la fédération du Parti Socialiste, zéro poison, des partis politiques indépendantistes et nationalistes, et l’organisation Nasyon Matnik présidée par Anicia Berton ont répondu présents.

Il est important de rappeler les faits reprochés par la justice à 7 militants anti-chlordecone : « violence sur agent de la force publique en réunion et avec arme ». Parmi les militants, 3 font également l’objet d’un contrôle judiciaire avec « interdiction de manifester devant un supermarché ».

 Ces derniers avaient été interpellés et placés en garde-à-vue le 28 novembre 2019, 5 jours après des échauffourées entre les manifestants et les gendarmes près de l’Euromarché Océanis au Robert.

Deux gendarmes avaient été blessés.

Après la marche du 24 novembre à Paris pour dénoncer les conséquences de la pollution au chlordécone en Martinique et en Guadeloupe, le collectif Zéro chlordécone et Karaïb+ ont manifesté ce dimanche en soutien aux 7 militants de la Martinique poursuivis par la justice.

le collectif Zéro chlordécone Zéro poison a appelé à manifester à Paris ce dimanche pour dénoncer « la répression » dont sept militants de Martinique ont été selon lui « victimes.

Plusieurs associations ont participé à cette action : le collectif  le CROMVO (Centre de réflexion Outre-mer du val d’Oise), le MNH (Mouvement pour une humanité nouvelle), le MIR France (Mouvement international pour les réparations) et le Comité d’organisation du 10 mai.

Dans les rangs de la manifestation se trouvait l’une des figures emblématiques des gilets jaunes, la Martiniquaise Priscillia Ludosky qui, toujours très active sur les réseaux sociaux, a posté une vidéo du rassemblement.

Le collectif Zéro Chlordécone Zéro Poison, apporte son soutien aux 7 militants qui passent en procès le lundi 13 janvier 2020.
En cela un Appel au Rassemblement est fait le dimanche 12 janvier 2020 à Paris sur la Place de la Nation !

#ZéroChlordéconZéroPoison
#NonàlaRépressionOuiàlaRéparation
#AnsanmAnsanmNouPliFô
#chlordecone

Aujourd’hui 13 janvier 2020, 7 manifestants anti-chlordécone, sont convoqués devant la justice pour des faits remontant au 23 novembre 2019. Ils sont accusés de violence en réunion sur agents de la force publique, dégradation et participation à un attroupement malgré l’ordre de se disperser.

De nombreux appels à soutien ont été lancés par des associations et de nombreux manifestants se sont retrouvés devant le palais de justice. Comme il fallait s’y attendre les forces de l’ordre étaient aussi présents pour garder et filtrer l’entrée du tribunal.

Tout avait d’abord débuté dans le calme mais des incidents ont émaillé la manifestation. Certains manifestants ont tenté de rentrer dans l’enceinte judiciaire. Des affrontements ont ensuite eu lieu entre les policiers et les manifestants : usage de bombes lacrymogènes contre jets de projectiles 

Tandis que le parvis du tribunal s’embrasait, les avocats, dans la salle d’audience, ont demandé le renvoi de l’affaire, faisant valoir la nécessité de pouvoir plaider dans une ambiance sereine, mais aussi la mobilisation nationale des avocats contre la réforme des retraites.

Les avocats de la défense ont également dénoncé l’organisation du tribunal en matière de sécurité, affirmant que si la mobilisation avait dégénéré, c’était parce qu’on avait interdit aux manifestants l’accès à une audience pourtant publique.

L’audience a été renvoyée au 3 juin prochain.

Pour éviter tout affrontement avec les gendarmes, les militants anti-chlordécone ont attendu le dernier moment pour prévenir de leur mobilisation ce samedi 25 Janvier. Dès 6 heures du matin ils ont barré les accès  du centre commercial qui est resté fermé Tout cela pour encre une fois dénoncer les ravages causés par le chlordécone.

Les caddies ont été renversés pour empêcher tout accès. Cette fois-ci, contrairement à la journée du 23 novembre qui avait donné lieu à des violences et affrontements avec la gendarmerie, tout s’est déroulé dans le calme. A noter la présence de l’activiste anti-colonialiste Kémi Séba .

Pour rappel, il y a deux semaines, les 7 militants accusés de faits de violence devant ce même centre commercial en novembre dernier, n’ont pu être jugés au vu du climat de tension qui régnait aux abords du tribunal. L’audience a été renvoyée au 3 juin prochain. prochain.

Prévue le 3 juin prochain, l’audience correctionnelle devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France n’aura pas lieu pour des « raisons évidentes de sécurité sanitaire », indiquent le procureur de la République et le président du tribunal.

Dans un communiqué rédigé ce mardi 26 mai, signé du procureur de la République et du président du tribunal judiciaire, les chefs de juridiction indiquent que la nouvelle audience prévue ce 3 juin est annulée. « Il nous est en particulier apparu que les restrictions strictes d’accès à la juridiction et aux salles d’audience, auxquelles nous ne pouvons déroger pour des raisons évidentes de sécurité sanitaire, ne pouvaient permettre de garantir une publicité et une sérénité suffisante des débats ».
Renaud Gaudeul et Hubert Hansenne précisent que, dans le cadre de la reprise des activités du tribunal après confinement, la majorité des audiences correctionnelles se sont tenues mais « certaines autres ont dû être annulées ».
Concernant celle du 3 juin, la reprogrammation de cette audience « se fera en fonction de l’évolution de la situation sanitaire »

Selon le procureur de la République, cette décision d’annulation a fait l’objet d’une communication aux avocats des parties concernées en amont du communiqué de presse. « Tous les avocats, sans exception, étaient présents, ont compris cette décision et l’ont d’ailleurs approuvée », assure-t-il.

Deux avocats représentent aujourd’hui les 7 personnes poursuivies, Maîtres Alex Ursulet et Dominique Monotuka, maintiennent que l’annulation de l’audience n’est pas valable, car elle aurait été décidée à l’insu de tous les avocats !  D’où un appel à se rendre demain (mercredi 3 juin 2020) au Palais de Justice pour exiger une audience pour les 7 d’Océanis.

Bien que l’audience de ce 3 juin a fait l’objet d’une annulation par ordonnance du président du tribunal de grande instance la mobilisation a été maintenue.

Parti à 8 heures devant la maison des syndicats les manifestants ont parcouru l’ensemble du boulevard du général De Gaulle, en tête de cortège, les sept prévenus de ce dossier d’Océanis » mais aussi de nombreux militants venus exprimer un sentiment d’injustice En queue de cortège quelques politiques, Gilbert Couturier le maire du Gros Morne, Garcin Malsa l’ancien maire de Sainte-Anne ou encore Marcelin Nadeau le maire du Précheur

Arrivés devant le palais de justice c’est derrière les grilles du palais fermées au public que maitre Ursulet a pu s’adresser à la foule.

Maître Alex Ursulet et Maître Dominique Monotuka les deux avocats des prévenus ont demandé au procureur de la république une date du report de ce procès, le procureur leur a indiqué que la décision revenait au président du tribunal de grande instance.

Après un défilé dans les rues de Fort De France, les manifestants ont regagné la maison des syndicats où une séance de prise de parole a été organisée

 

Intervention de maître Alex Ursulet derrière les grilles du Palais de Justice

Ce qu’ils veulent c’est le dépaysement, c’est ça qu’ils veulent, c’est-à-dire que aujourd’hui, pourquoi ils ont fermé le palais, c’est parce qu’il pense qu’on va tomber dans leur piège c’est-à-dire créer des incidents etc .. pour qu’ils puissent dire et bien  « nous dépaysons , nous envoyons l’affaire en France, comme ils ont fait pour le chlordécone. Pendant 7 ans il y un juge d’instruction en Martinique qui était chargé d’instruire l’affaire du chlordécone, pas une instruction, pas un interrogatoire, pas une mise en examen, et lorsque vous avez commencé à dire non que ce n’est pas normal ils ont dépaysé l’affaire en France. Ca fait 5 ans qu’un juge d’instruction est nommé en France en matière spécialisé sanitaire, jamais il n’y a eu un interrogatoire par un acte d’instruction, jamais, ça fait donc maintenant douze ans et c’est donc légitimement que la jeunesse martiniquaise, tous les samedis a paisiblement, pacifiquement, demandé des compte à la justice en disant pourquoi il n’y a pas d’éléments , c’est quoi cette justice, la réponse c’est la violence, la réponse c’est la répression, je dis que de Minnéapolis à Washington, de Washington à New York, de New York à Paris de Paris à Fort de France c’est le même cri.

Komité 13 janvié 2020

Dans un communiqué daté du lundi 1er juin, le « Komité 13 janvié 2020 » soutient pourtant le procès « se tiendra ». Et que « sa tenue a été confirmée » suite à « une démarche auprès du procureur initiée par les avocats des 7 d’Océanis » et à la « demande expresse » des 7 mis en cause.
Le Komité continue à demander « l’abandon pur et simple de toutes les poursuites » et donne rendez-vous à 7h ce mercredi, pour accompagner les prévenus jusqu’au tribunal. Tribunal où le procès des militants n’aura donc pas lieu ce 3 juin.

Explication de maître Edmond Mariette

« Nous étions trois, Dominique Monotuka ,mon confrère Max Bellemare et moi-même et le procureur nous informe que la décision a été prise, je dis bien , il nous informe, que la décision a été prise d’annulation de la procédure. Non pas la procédure en elle-même mais de l’audience du 3 juin. Je me répète annulation de l’audience du 3 juin. On ne nous consulte pas, on ne nous demande pas notre avis on nous informe, et on nous dit par courtoisie qu’on nous laisse un délai de prévenance pour que nos clients soient informés avant que cela ne soit communiqué.

Alors je dis de manière très claire qu’il faut raison garder, il faut éviter demain matin que ma population se déplace devant le palais de justice pour qu’il y ait des incidents, il ne faut pas que d’avantage de difficultés, de sang puisse couler à l’occasion de cette affaire. Maintenant nous ne sommes plus dans la défense, mes autres confrères et moi mais j’ose espérer que l’autorité judiciaire entendra notre appel : nous demandons à l’autorité judiciaire d’abandonner les poursuites à l’encontre de ces jeunes parce que nous considérons nous que ce qui s’est passé dans le parking de cet hyper-marché au Robert n’est pas venu de la part des manifestants. Ils étaient derrière des barrières « vauban », c’est ce qu’on appelle la technique de la nasse. »


LE MAIRE DU PRECHEUR DANS LA MANIFESTATION 

« Il y a une flagrante injustice dans ce procès et on ne comprend pas que ceux justement qui ont commis la faute d’empoisonner quand même à la fois des hommes des femmes, nos terres nos eaux et bien aucun n’a jusqu’à ce jour été poursuivis  et qu’en face des jeunes qui ont mis en exergue cette problématique le soient je crois que ce qu’il faut et nous sommes aussi ici pour le dire, c’est la relax pure et simple et l’abandon des poursuites contre ces 7 jeunes dit d’Océanis »

« Aujourd’hui je n’ai aucune connaissance des conditions sanitaires qui vont devoir nous être imposées dans les mois à venir, quelle va être la durée pendant laquelle nous ne pourrons pas accueillir le nombre ordinaire de personne dans la salle d’audience ? je l’ignore aujourd’hui totalement par conséquent tant que je n’ai pas cette information il est bien évident qu’il n’est même pas question que je puisse fixer une nouvelle date d’audience ça c’est la première chose.

La deuxième chose que j’indique c’est que nous sortons tout de même de cinq mois de crise au niveau de la justice, cinq mois de crise. Ce n’est pas seulement le confinement puisque auparavant nous avons eu depuis le mois de janvier, la grève des avocats qui ensuite a été suivie par cette période de confinement. J’aime autant vous dire que ce que nous appelons nous, l’état d’audiencement c’est-à-dire le nombre de dossier que nous avons en stock que nous devons juger, n’a jamais été aussi important ici en Martinique comme partout d’ailleurs sur le territoire national parce que  pour le coup c’est une situation qui est nationale. La justice partout en France se retrouve face à un monticule énorme  de dossiers que nous avons maintenant  à juger et comme je l’écrivais d’ailleurs au bâtonnier avant même d’ailleurs la période de confinement j’avais dit  que nous seront dans l’incapacité de juger l’intégralité des dossiers que nous aurions voulu juger parce que encore une fois quand vous avez 5 mois pendant lesquels vous n’avez pas pu sortir les dossiers comme on aurait du le faire, nous nous retrouvons face à cet afflux massif de dossiers et donc nous ne pourrons pas tous les réaudiencer.

Alors s’agissant de ce dossier- là, je le dirai encore une fois de toutes façons la question ne se pose pas aujourd’hui je ne peux pas encore prendre une décision aujourd’hui , ce dossier-là, nous allons le réexaminer dans quelques mois lorsque nous aurons une vision plus précise de l’état sanitaire .

Oui pas avant quelques mois, car il y a un nombre énorme de dossier que nous ne pourrons pas juger que nous ne jugerons pas. Là très clairement la question se posera en ces termes là si compte tenu de ce que ce dossier aura maintenant, à cette époque là en tout cas, naturellement une ancienneté certaine, c’est évident il y a un élément qu’on prendra en compte c’est savoir si   quel a été la situation pour ces 7 personnes qui sont poursuivies, évidemment si nous n’avons aucun autre nouveau fait à leur reprocher, est-ce qu’il sera vraiment indispensable de tenir ce procès. J’en suis pas certain mais encore une fois c’est pas aujourd’hui que le question se pose.

La question se posera ultérieurement comme pour tous les dossiers nous réexaminons les dossiers au moment même où nous décidons de fixer une date d’audience. »

Concernant l’annulation de l’audience du 3 juin, le procureur de la république avait déclaré que la totalité des avocats des prévenus avaient été informés préalablement au communiqué de presse de l’annulation de cette audience. Pour maître URSULET, « c’est faux ».

« II énonce une contre-vérité lorsqu’il déclare que les avocats lui ont tous dit : « Vous avez parfaitement raison ». Me Monotuka et moi-même avons été informés de cette décision par un communiqué de presse signé par le procureur et par le président du TGI le mercredi 27 mai. Et ce n’est que le Lundi de Pentecôte, jour férié, soit deux jours avant l’audience, à 20 heures, que nous avons reçu un mail du président du TGI avec une copie de l’ordonnance prise la veille, annulant cette audience. Nous sommes venus le voir ce même jour et nous avons contesté le fait que le procureur puisse s’associer avec le président du TGI pour rendre une décision sans débat contradictoire avec la défense et sans caractère public, hors de la chambre correctionnelle qui avait rendu la première décision de renvoi en janvier 2020. Peut-être que d’autres avocats lui ont dit qu’il avait raison, mais nous, nous lui avons dit fermement mais courtoisement : Vous avez tort. Tort parce qu’il n’est qu’une partie au procès pénal, au même titre que les prévenus et les parties civiles, parce qu’il ne peut décider d’un renvoi en catimini en dehors de la chambre correctionnelle. Nous lui avions indiqué au cours de cet entretien que nous lui déposerions, avant le procès, des conclusions visant la nullité de la procédure. Il nous a remercié et nous a précisé que son parquet attendait nos conclusions afin d’examiner la pertinence de nos demandes. Nous l’avons trouvé inquiet et nous l’avons rassuré en lui indiquant que nos clients n’étaient pas des sauvageons voulant en découdre avec quiconque. Nous lui avons indiqué que nous voulions la confrontation entre l’accusateur qu’il était et la défense. Nous avions aussi fait citer des témoins et nous entendions respecter et faire respecter à l’intérieur de l’audience toutes les mesures de distanciation sociale.

Le procureur n’aime pas la contradiction, ni le contradictoire et s’il était en face de moi, je lui dirais comme je vous le dis : « Qui êtes-vous donc pour nous donner des leçons de déontologie ? » Ce rôle est réservé exclusivement au Bâtonnier et il nous raconte des histoires lorsqu’il affirme avoir fait part à tous les avocats du dossier de la décision d’annulation. En portant de tels propos, le procureur, qui est un magistrat du parquet, a manqué à son devoir de réserve tel qu’il est prévu et qu’il lui est imposé par les dispositions de l’article 10 de l’ordonnance du 22 décembre 1958 relative au statut de la magistrature.
Cette obligation de réserve lui impose de la modération dans ses propos et lui interdit d’utiliser des termes outranciers.

« Cette citation devant le tribunal correctionnel est nulle… »

Je n’entre dans aucune polémique avec mes confrères qui ont été évincés par les prévenus en toute conscience et connaissance de cause. Mais Me Monotuka et moi-même ne sommes pour rien dans cette éviction. Le Bâtonnier de l’ordre des avocats de Fort-de-France a été saisi par le client de Me Edmond-Mariette et celui de Me Germany. C’est un problème qui les regarde et le Bâtonnier a toute compétence pour le régler. A l’origine de ce procès, je rappelle qu’il s’agit d’une centaine de jeunes qui se réunissent paisiblement et pacifiquement devant le parking d’un supermarché du groupe GBH pour protester contre le silence accablant des instances judiciaires vis-à-vis d’une plainte pour empoisonnement de la terre de Martinique à cause de tonnes de chlordécone qui ont empoisonné la terre et la mer de Martinique. Ils protestent contre le fait qu’après sept ans d’instruction ou de non-instruction à la Martinique, le dossier ait été dépaysé et que, depuis cinq ans, c’est le même silence, la même inertie, le même mépris pour les victimes de ce fléau. S’agissant de la phrase du procureur sur l’avocat venu de Paris je lui réponds : « c’est indigne, et vous M. le procureur, d’où venez-vous ? » 
S’agissant des menaces déguisées de dépaysement, le procureur doit savoir qu’il encourt le risque de voir sa procédure annulée devant n’importe quelle juridiction, que ce soit à Paris, Minneapolis ou Tombouctou car elle est viciée jusqu’à la moelle. Soit il le sait et c’est un bluff coupable car c’est prendre les prévenus et leurs avocats pour des enfants ignares, ou bien il ne le sait pas et c’est encore plus grave… Cette infantilisation est indigne… Où il veut, quand il veut, nous lui en ferons la démonstration. Et si c’est à la Martinique, avec la distanciation de cinq ananas, nous lui ferons la démonstration que cette citation devant le tribunal correctionnel pour comparution immédiate est nulle. Il n’y a pas un code de procédure pour les blancs et un autre pour les noirs. Il n’y a pas deux justices : une pour les puissants et une pour les petits. Il n’y a qu’un code et qu’une justice et c’est ce que nous exigeons. Le procureur de la République doit entendre le cri de cette jeunesse qui dit : « assez de mépris, assez d’arrogance, assez de racisme. »

Je m’étonne que le procureur se permette de choisir la ligne de défense des prévenus, de rendre hommage aux avocats qui ont été évincés par leurs clients et qu’il se permette de stigmatiser la défense des prévenus qu’il poursuit, injustement. Je m’étonne également qu’il se permette de menacer implicitement mes clients de dépaysement s’ils ne se tiennent pas sages comme des images. Tout cela a un relent d’autres temps.

16 Mai 1871 – La statue de Napoléon, place Vendôme

Alors que la Commune de Paris est en insurrection contre le gouvernement après la défaite face à la Prusse en 1870, les communards parisiens déboulonnent la colonne Vendôme, où la statue de Napoléon Ier trône à plus de quarante mètres de haut. Le peintre Gustave Courbet est jugé, condamné et emprisonné pendant six mois pour avoir mené ce mouvement et la colonne sera reconstruite au même endroit, en 1873, à ses frais.

Après la chute de Ceausescu, la Roumanie se débarrasse elle aussi des symboles de domination soviétique, en démembrant en mars 1990 la statue de Lénine qui surplombait la place de l’Etoile de Bucarest.

Le 9 avril 2003, une centaine d’Irakiens épaulés par un blindé américain font chuter la statue de Saddam Hussein, matérialisant la chute d’un régime dictatorial en place depuis 24 ans.

LA STATUE EDWARD COLSTON AU ROYAUME-UNI,RENVERSÉE

Renversée puis jetée dans une rivière à Bristol

BOLIVIE – Mardi 22 octobre 2019 – Les manifestants opposés au président bolivien Evo Morales ont renversé une statue de l’ancien président vénézuélien Hugo Chávez dans une ville située au nord-est du pays.

Emmanuel MACRON
« Je vous le dis très clairement mes chers compatriotes. La République n’effacera aucune trace, aucun nom de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses oeuvres, elle ne déboulonnera pas de statues. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires ».

MARTINIQUE  – 22 mai 2020

GUADELOUPE  -27 mai 2020 (Vieux-Habitants)

Comme en Martinique le 22 mai dernier, certains individus s’en sont pris ce mercredi 27 mai, à la statue de Victor Schœlcher située à Vieux-Habitants en Guadeloupe.

La députée guadeloupéenne Maxette Pirbakas a voté contre.

À Bruxelles, le Parlement européen a reconnu, vendredi 19 juin, l’esclavage comme crime contre l’humanité, suite à la proposition de l’eurodéputé de la France insoumise, Younous Omarjee, originaire de la Réunion. Les députés ont voté une résolution symbolique qui a été adoptée à la majorité 617 pour, 104 contre et 67 abstentions mais que beaucoup considèrent néanmoins comme un vote historique, qui survient 9 ans après, la loi Taubira, votée en France. Celle-ci se veut surtout une condamnation du racisme après le décès de l’Américain George Floyd, suite aux violences policières.

En consultant, les résultats rendus publics, beaucoup ont été surpris de découvrir que la députée guadeloupéenne Maxette Pirbakas, épouse Grisoni, a voté contre. Une surprise sans surprise, lorsqu’on sait que tous les députés du Rassemblement nationale (RN) conduite par Marine Le Pen ont voté contre.

Mercredi 1er Juillet 2020.(GUYANE)

Dans la nuit de mercredi 1er Juillet à jeudi 2 Juillet 2020, la statue de Victor Schoelcher, sur la place du même nom à Cayenne, a été vandalisée et maculée de peinture rouge.

Ce n’est pas la première fois, que la statue de Victor Schoelcher à Cayenne fait l’objet de vandalisme. En décembre 2017, quelques mois après le mouvement social, cette statue fut « encagoulée »

Réalisée en 1896 par le sculpteur Louis-Ernest Barrias,


Mercredi 10 juin 2020

Un groupe de manifestants a fait tomber mercredi 10 juin une statue de l’explorateur italien Christophe Colomb à Saint Paul, au Minnesota, un nouveau monument ciblé dans le cadre du mouvement de contestation contre les discriminations raciales et la brutalité policière après la mort de George Floyd à Minneapolis.

La députée guadeloupéenne Maxette Pirbakas tente d’expliquer son vote.

Chers guadeloupéens, chers martiniquais, je tenais à ce jour m’exprimer concernant mes votes  du vendredi 19 juin 2020 en séance plénière  du parlement européen.
N’ayant pu m’exprimer ce week-end, Je préférais vous le dire avec mes arguments à tête reposée et avec mon cœur. Comme vous le savez   moi Maxette Pirbakas je n’aurais jamais voté contre une condamnation de l’esclavage et du racisme contre mon propre peuple. Soyons réaliste,  je ne suis pas une politicienne, moi qui suis guadeloupéenne, moi qui suis fille d’immigrés vous me connaissez, je n’ai jamais oublié l’histoire de mon île ni de ma famille.
J’ai seulement voté en m’abstenant sur une résolution de 11 pages qui concernait plusieurs éléments. Ce n’est qu’à la suite d’un problème que je n’explique pas quand au sens de mon vote que j’ai corrigé depuis  par une abstention.
Je suis scandalisé de voir Mr Younous Omarjee a orchestré une campagne mensongère pour faire sa politique d’extrême gauche avec Mr Mélanchon  et faire le buzz. Mon choix pour l’abstention, ce que mon groupe (ID)identité démocratie n’approuvait étant donné mes origines guadeloupéennes et c’est important concernant tout ce qui aurait pu et être dit ou pensé,  Maxette Pirbakas, la député européenne ultra marine que je suis sait bien d’où elle vient et où elle va.
Oui je reconnais que l’esclavage est un crime contre l’humanité, oui nous devons respecter cela, ne serait-ce qu’en mémoire de mes ancêtres noirs,  car mon aïeul fut un noir qui a enfanté avec une indienne si vous ne le savez pas, et notamment sur ce point 12 sur la reconnaissance uniquement de la traite transatlantique des esclaves et le reste du monde, le pacifique, l’océan indien,  alors « si y bon pou zoua, i pa bon pou kanna ».
je dis et je le redis c’est une question trop sérieuse pour qu’elle soit traitée ainsi. Je demande tout simplement que cette question soit votée en séparée et non noyée dans d’autres résolutions qui ne prennent pas compte de toutes nos réalités et conditions. Pas d’amalgame, ce texte est à mon sens insuffisant et doit revenir en discussion  sur d’autres fonds plus sains et non politiques.
Mr Omarjee n’a pas le monopole de la question je suis une députée issue des outre-mer, j’ai aussi à cœur de défendre et représenter les afro et indo-antillais.
Chers guadeloupéens, lorsque vous entendez des mensonges sur moi, il ne faut pas croire à ces fake news, c’est pour cela qu’il me fallait du temps pour vous répondre. Comme vous le savez, je ne vous oublierai pas    et je demande aujourd’hui un droit de réponse à la presse.

 Cela m’a beaucoup peiné d’être traitée de raciste ou de vendue. Sachez bien que je ne ferai jamais n’importe quoi qui soit en votre défaveur mes compatriotes guadeloupéens et martiniquais. Et aujourd’hui je vous le dis, ça m’a touché qu’on ai nommé le nom de ma   famille Pirbakas, c’est une famille de travailleurs et d’agriculteurs  de dire que nous sommes des racistes      et des vendus, nous sommes des travailleurs avant tout . Je vous remercie chers compatriotes et j’espère que vous  avez bien compris ce que je vous ai envoyé comme message aujourd’hui  ça sort du cœur.

Lundi 15 juin 2020.

Dimanche 14 juin, une statue de Charles de Gaulle à Pavillon-sous-Bois en Seine-Saint-Denis a été maculée de peinture jaune. Ce lundi, un autre buste du général a été recouvert en partie de peinture fluo orange et le piédestal, tagué au dos de la mention « esclavagiste »,à Hautmont (Nord)

Mardi 23  juin 2020.

Ce mardi 23 juin, la statue de Colbert située devant l’Assemblée nationale a été vandalisée. En effet, elle a été recouverte en partie de peinture rouge et de l’inscription « négrophobie d’Etat .

L’homme arrêté mardi 23 juin après avoir inscrit le slogan « Négrophobie d’État » sur la statue de Colbert devant l’Assemblée nationale sera jugé le 14 août devant le tribunal correctionnel de Paris, a indiqué ce mercredi le parquet.


Jeudi 9 Juillet 2020. (MARTINIQUE)

 

Nouvel acte de vandalisme dans la nuit du 9 au 10 juillet 2020. Le buste de l’ancien député Ernest Deproge situé sur la place Fabien-Véronique à Fort-de-France a été déboulonné et renversé au sol.