quatre serpents

Emmanuel Macron demande que la gendarmerie en Martinique ne porte plus le drapeau aux quatre serpents

Le drapeau

Le drapeau aux quatre serpents est un pavillon de la marine marchande créé en 1766. Hissé sur les Bateaux de la marine marchande et notamment des navires qui se livraient à la traite négrière ce pavillon avait depuis toujours  une réputation controversée. Depuis quelques décennies  il est considéré par certains comme le drapeau de Martinique. En plus   on le retrouve encore aujourd’hui arboré sur certains bâtiments officiels de l’État : Hôtel de Police, Gendarmerie. Il est également affiché sur les uniformes des gendarmes et des pompiers

Mais depuis quelques années il est de plus en plus contesté  et des mouvements comme : le MODEMAS ÉCOLOGIE ,  l’ASSAUPAMAR,  le MIR (mouvement international pour les réparations) et le CNR (comité national pour les réparations)  et certains politiques se battent  pour obtenir le retrait des symboles coloniaux présents en Martinique et principalement ce pavillon souvent considéré comme le drapeau officieux de l’île.

Quelques prises de positions

En 1991, le MODEMAS ÉCOLOGIE à sa création exhortait les martiniquais à prendre conscience de ce fait symbolique d’apologie de crime contre l’humanité.

En 1992, le pavillon esclavagiste arboré par les békés est publiquement et médiatiquement incendié lors d’une manifestation de l’ASSAUPAMAR sur l’ilet Oscar.

Entre 1994 et 2000,  Garcin MALSA, actuel président du MIR, propose à deux reprises, en tant qu’élu du peuple martiniquais, au Conseil Général,  l’éradication de ce pavillon raciste esclavagiste. Claudette DUHAMEL, en tant qu’ avocate du MIR  déclenche une première procédure juridique d’apologie de crime contre l’humanité. Le MIR brûle à multiples reprises ce pavillon lors de ses Konvwas pou Reparasyon.

En DECEMBRE 2017, une plainte collective contre les autorités françaises avait été déposée au Tribunal de grande instance de Fort-de-France pour qu’il soit retiré des bâtiments publics comme l’hôtel de police ou la préfecture. Par ailleurs, une pétition avait également circulé pour que ce symbole ne soit plus l’emoji associé à la Martinique sur les claviers des smartphones.

6 JUILLET  2018,  Jean-Philippe Nilor, député de la 4ème circonscription de la Martinique déposait un amendement dans le cadre du projet de réforme constitutionnelle afin que le drapeau aux 4 serpents soit retiré au motif qu’il fait l’apologie de l’esclavage négrier.

AMENDEMENT N°1516 présenté par

  1. Nilor, M. Brotherson, Mme Kéclard-Mondésir, M. Serville et M. Acquaviva

27 SEPTEMBRE 2018, Fin septembre, lors de son déplacement en Martinique, le chef de l’Etat avait été interpellé lors d’une conférence de presse sur cet emblème bleu et blanc aux quatre serpents qui symbolise la Martinique depuis 1766,. Le chef de l’État avait reconnu qu’il ne connaissait « pas l’existence » de ce symbole.

« On va regarder cela, vous me l’apprenez, j’ai rendu hommage à Aimé Césaire au Panthéon  en avril dernier par un très beau texte  lu par Jacques Martial,  cela ne vous a pas échappé  mais on va regarder ce sujet , vous me l’apprenez et je m’engage à ce qu’on le regarde. »

« Nous en avons discuté dans la voiture juste après la conférence de presse. Il a voulu comprendre, notamment ce qui se disait à propos de l’emblème. Et en fin de journée il a pris sa décision », a ajouté le préfet.

Le préfet de Martinique, Monsieur Franck Robines a annoncé ce lundi 15 octobre 2018, que dans un souci d’apaisement Emmanuel Macron demandait sans reste que la gendarmerie en Martinique ne porte plus le drapeau aux quatre serpents, suite aux informations que ses services lui avaient fait remonter

Le pavillon : objet de controverse

Sur fond bleu, il se divise en quatre par une croix blanche et chaque carré contient un serpent blanc. Ces quatre serpents représentent des trigonocéphales, reptiles venimeux nommés aussi « Fer-de-lance », introduits selon la légende, sur l’île au moment de la traite négrière, pour forcer les esclaves à travailler davantage.

AMENDEMENT N°1516 du 6/07/2018

présenté par :M.Nilor, M. Brotherson, Mme Kéclard-Mondésir, M. Serville et M. Acquaviva

ARTICLE ADDITIONNEL

APRÈS L’ARTICLE 17, insérer l’article suivant: tout emblème ou drapeau qui rappelle le passé colonial ou tout autre crime contre l’humanité, crime de l’esclavage ou la traite négrière est interdit.

EXPOSÉ SOMMAIRE.

A l’exemple de la Martinique, le drapeau pavillon bleu et blanc où figurent quatre serpents créé par le Gouverneur d’Ennery en août 1776, au plan interne, est aujourd’hui encore arboré sur certains bâtiments officiels de l’État : Hôtel de Police, Gendarmerie… Il est également affiché sur les uniformes des gendarmes…

Ce drapeau est infamant pour plusieurs raisons. Parce que ce pavillon apparait en pleine période esclavagiste et d’autre part il est étroitement lié à la traite négrière car il était présent sur les négriers qui ont servi à déporter nos ancêtres et à les livrer à l’enfer de l’esclavage. Il est donc symboliquement lié à ces deux crimes contre l’humanité perpétrés à l’encontre de nos ancêtres.

En outre, les serpents représentés sur ce pavillon font référence aux couleuvres qui figurent sur les armoiries de la famille de Colbert.

Colbert, Ministre de la marine de Louis 14 et surtout auteur du sinistre « code noir » en 1665 entré en vigueur en 1685.

En effet, si le drapeau avec la croix gammée est représentatif du nazisme et renvoie à l’holocauste, ce drapeau bleu avec sa croix blanche et ses quatre serpents blancs est lui représentatif de l’esclavage et renvoie sans ambigüité à la traite négrière.